Minimal Art.
Minimal Art, Minimalisme.
Employé pour la première fois en 1965 par R. Wollheim dans un
article de Arts Magazine (à propos de Duchamp, Reinhardt et du Pop Art)
le terme sera retenu pour qualifier des œuvres créées depuis 1962 en
réaction contre la prééminence de l'expressionnisme abstrait. Mais avec
le recul, on peut aussi considérer le minimalisme comme le continuateur
de ce dernier, et comme une descendance ultime de la tradition
moderniste. En effet, le minimalisme peut être relié à des œuvres de la
première moitié du siècle : Tatlin, Rodtchenko et particulièrement
Brancusi : l'idée de l'infini suggérée chez lui par la répétition
modulaire a impressionné et transformé la sensibilité des années
soixante. L'adjectif "minimal" signale la réduction de la forme à une
stéréométrie simple et peu expressive - pas de gestualité, ni de sujet,
mais la recherche d'une facture impersonnelle. Pour les artistes
minimalistes, la lecture réductionniste de l'art de Newman a été
décisive : la peinture est à concevoir comme totalité
autoréférentielle. Le spectateur est soumis à l'emprise de la surface
comme champ de couleur et comme forme. C'est ce qui se manifeste
notamment dans les toiles de R. Mangold, R. Ryman et B. Marden. Dès
1958, Frank Stella donne une interprétation nouvelle de cette forme
picturale perçue comme forme signifiante avec ses Stripe Paintings. Des
solutions plus radicales et plus littérales sont apportées en 1961-1962
par des artistes plus jeunes, qui abandonnent la peinture. Ainsi, R.
Morris crée des parallélépipèdes en contreplaqué, peints en gris, qui
ne communiquent d'autre information que leur présence pure et forcent
le spectateur à faire l'expérience d'un acte de perception. Don Judd se
concentre sur la recherche d'une objectivité absolue en élaborant des
boîtes ouvertes ou fermées, dans des matériaux de plus en plus froids.
Impressionné par la structure répétitive des tableaux de Stella, Carl
Andre produit des pièces fondées sur l'addition d'éléments identiques.
Sol LeWitt multiplie des modules de base, carrés ou cubes, qui n'ont de
signification que comme unité conceptuelle. Dan Flavin invente une
nouvelle dialectique de la forme et de la couleur en travaillant avec
des tubes de néon plaqués contre le mur. En insistant sur les
propriétés de ses matériaux et sur le processus qui détermine l'œuvre,
Richard Serra se démarque un peu de l'orthodoxie du mouvement.
Production sérielle, matériaux usinés, recours à des formes
géométriques primaires, dominent ainsi l'art minimal. L'œuvre se
définit comme structure, système (théories du langage et structuralisme
ont largement alimenté le mouvement). Par contre, l'aspect
phénoménologique - l'expérience de l'acte de perception avec sa
dimension temporelle -, bien que revendiqué par les artistes, ne semble
pas toujours évident. Ces œuvres d'un style puritain et strict, d'où
tout contenu est congédié, privilégient l'ordre et excluent
l'indétermination humaine au profit de la programmation. La critique a
volontiers pris ce mouvement comme point de repère, baptisant
"post-minimal" tout ce qui le suivit, et omettant ainsi l'influence,
pourtant déterminante, de l'arte povera ou d'un Beuys sur le
développement de l'art ultérieur. On peut y voir la marque de ces
"décennies d'autorité impériale incontestée" qui qualifient, selon R.
Morris, "les beaux jours de l'art abstrait américain des années
cinquante-soixante".
Dictionnaire multimédia de l’art moderne et contemporain.
Minimal Art.
Autres termes utilisés: ABC art, New Cool Art, Serial Art, Primary Structures, The Art of the Real.
Première exposition à New York 1966 « Primary Structures »
En 1910 Brancusi décide de redevenir le rôle du socle dans la sculpture.
Au
lieu que le socle ne soit qu’un support il considère que le socle fait
partie intégrante de l’œuvre ; il élimine ainsi tout idée de hiérarchie
entre les parties inférieur et supérieur de l ’œuvre. La colonne sans
fin supprime le socle et annonce la sérialité.
Les premières
sculptures totalement abstraites de Tatline, qui n’utilise des
matériaux qu’à travers leur vérité : « de matériaux réels existants
dans un espace réel ». Les « reliefs angulaires » débarrassés de
symboles ou d’illusions de toutes nature sont librement suspendus dans
l’espace ( sans socle) et le vide qui circule entre les différentes
formes entrecroisées devient partie intégrante de la construction
globale.
En 1915 « Carré noir sur fond blanc » de Malévitch,
première œuvre véritablement abstraite, car sans relations entre formes
et couleurs. La peinture ne représente plus qu’elle-même. En 1921
Rodchenko peint trois monochromes Rouge pur, Bleu pur, Jaune pur, qui
proclament la neutralité du tableau.
Les structures dans les
tableaux de Mondrian soulignent la planitude de la toile, en éliminant
tout référence à la représentation de la nature, la peinture de ne doit
pas imiter.
Ad Reinhardt et les règles d’une nouvelle académie.
« L’art est art en tant qu’art et tout le reste est tout le reste.
L’art en tant qu’art n’est rien qu’art. L’art n’est pas ce qui n’est
pas art. » .
Stella: « Ma peinture est fondée sur cette réalité
concrète qu’il y a là rien d’autre que ce que l’on voit. Elle est
réellement un objet. Tout ce que je souhaite que l’on tire de mes
peintures et que j’en tire pour moi-même, est qu’on puisse voir le tout
sans confusion... ce que l’on voit est ce que l’on voit et rien
d’autre. » La formule « +=- » de Mies van der Rohe et « Une plus grande
économie des moyens pour atteindre une plus grande fin. » De Carl
André. Le contenu de la sculpture est la sculpture elle même, il n’y a
pas une idée camouflée derrière. Constitué de ses seuls éléments
essentiels, l’objet artistique est réalisé dans des matériaux
industriels censés assurer la parfaite neutralité, qui ne porte pas de
marques de l’histoire et ne sont chargés d’aucune émotion. En plaçant
une œuvre minimale dans un espace : on sculpte cet espace, l’espace est
considéré comme un élément plastique et non pas comme un vide, le
spectateur participe à la sculpture, car il se trouve dans le même
espace. L’espace et la sculpture sont aussi importants que le
spectateur.
À propos des
sculptures de Brancusi : » C’est pourquoi Brancusi est pour moi le
grand lien avec la terre. Et, bien sûr la Colonne sans fin est le point
culminant de cette expérience. Ces colonnes s’élèvent et s’enfoncent
profondément dans la terre avec cette verticalité sans fin. Avant lui
la sculpture avait des limites ; le sommet de la tête ou la base des
pieds. La sculpture de Brancusi continuait au-delà de sa limite
terrestre. Elle s’enfonçait dans la terre. Brancusi utilisait beaucoup
de matériaux trouvés, non pas que cela soit si important, mais il
utilisait des vis d’anciennes presse à vin et des poutres telles
quelles ; il associait ces éléments hétérogènes. Pour construire ses
socles, il mélangeait ces éléments, ce qui faisait à mon avis l’intérêt
de son travail. Ces socles exaltaient les matériaux. »
Par rapport au Cedar Piece:
-Abandon de la taille ou de l’élagage manuel qui généralement altère et réduit le potentiel du matériau.
-Abandon également du socle et des joints dont l’assemblage ferait de l’ensemble quelque chose d’artificiel
-Utilisation
d’unités de poutres standard maintenues par leur seule pesanteur et
organisées selon des principes structurels élémentaires.
à L’époque
André partagé son atelier avec Stella, et on peut être frappé par la
ressemblance avec les Black-Paintings et les Shaped Canvas.
«
Jusqu’à une certaine époque j’ai fait des coupes à l’intérieur des
choses. Puis j’ai réalisé que la chose découpée était en fait la
découpe. À présent je ne découpe plus le matériau, j’utilise le
matériau comme une découpe dans l’espace. »
Carl André "Cedar Piece" 1974 bois de cèdre 174x92,5x92,5
