Le surréalisme.
Mouvement défini par A. Breton en 1924 comme "automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée" (Manifeste du surréalisme), et qui inclut les arts plastiques au même titre que n'importe quel autre domaine pour peu qu'ils se fondent sur cet automatisme. C'est ce que confirme « Le surréalisme et la peinture en énumérant les artistes qui dès cette époque ont déjà importé dans la peinture » (ou la photographie) ce principe en soi subversif, puisque, selon la même définition du Manifeste, la "dictée de la pensée" doit s'exercer "en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale". La plupart de ces peintres sont passés, comme Breton, Aragon ou Soupault, par dada, où ils ont pu mettre au point des stratégies anti-artistiques, mais le surréalisme est en quête, de manière dialectique, de nouvelles "valeurs" positives, qui nient aussi bien les valeurs bourgeoises, jugées trop étriquées, que la crispation destructrice, devenue stérile, des dernières manifestations dadaïstes. Dans cette optique, la peinture ne peut qu'en finir avec toute référence réaliste, soupçonnée de stériliser ses capacités visionnaires, pour n'obéir qu'à un "modèle intérieur" et proposer des œuvres qui soient en priorité des "fenêtres" sur la vie intégrale de l'esprit. Peu importe le "style" apparent, seule compte sa mise au service d'une volonté de transposer en termes plastiques l'activité de l'inconscient.
Dissolution de DADA en 1922 suite à des querelles entre Tzara , Picabia et Breton. De 1922 À 1924 se passa en une série d’expériences, une recherche de quelque chose de positif qui permettrait de sortir de l’impasse Dada. Breton :
Quittez tout
Quittez Dada
Quittez votre femme et votre maîtresse
Quittez vos espoirs et vos craintes
Plantez vos enfants au coin du bois
Quittez la substance pour l’ombre...
Mettez vous en chemin.
Manifeste surréaliste en 1924.
À propos des collages de Max Ernst de 1921: »Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » Dans le manifeste il utilise la métaphore de l’étincelle électrique pour décrire le rapprochement entre « deux réalités éloignés ».
« Interprétation des rêves » par Freud en 1920.
« Je crois, à la résolution future de deux états, apparemment si contradictoires, du rêve et de la réalité, en une sorte de réalité obscure, de surréaliste ». Surréalisme par analogie du Surhomme de Nietzsche et le Surmâle de Jarry. Expérience d’hypnose par les surréalistes, sauf pour Breton , pour avoir accès à l’inconscient.
Manifeste de 1924: « Surréalisme : Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de tout préoccupation esthétique ou morale. »
Dialogue entre Matisse et Masson.
Masson : « Je commence toujours sans aucune image ou aucun plan en tête, simplement je dessine ou je peins rapidement en suivant mes impulsions. Progressivement, dans les traces que je fais, je vois des propositions de personnages ou d’objets. Je les encourage à émerger en essayant de faire ressortir leurs implications tout comme maintenant j’essaie consciemment d’ordonner la composition. »
Matisse: »C’est curieux, pour moi c’est tout le contraire. Je commence toujours par quelque chose, une chaise, une table, mais au fur et à mesure que l’œuvre avance j’en ai de moins en moins conscience. A la fin je me souviens à peine du sujet par quoi j’ai commencé. »
A lire « Manifeste du surréalisme » par André Breton.
Salvador Dali "Métamorphose de Narcisse" 1937 huile sur toile 0,508 x 0,782
Dali s’inspire d’un mythe classique, comme Max Ernst avec Œdipe ou le Sphinx. Le mythe choisi correspond à la paranoïa de Dali et à une phrase du philosophe Schlegel : « Tous les artistes sont des Narcisses ». Il y a également un lien à établir avec la notion du « double », puisque Dali a perdu son propre frère dans son enfance. Dali utilise, comme souvent, la technique de la double lecture : le rocher est à la fois figure représentant Narcisse. La main, rongée de fourmis (le chien Andalou) tenant le bulbe de Narcisse qui est aussi symbole de la renaissance : l’oeuf donnant naissance à une fleur. Les rochers dans le fond sont un souvenir de Cadaquès patrie et refuge de l’artiste. La statue sur le damier fait référence à l’incapacité pour Dali de renouer avec la renaissance, mais la statue représente peut-être Narcisse, donc une possibilité de renaître.