La Figuration Libre.
Très liée à la musique Punk et Rock, il semblerait que le nom cette tendance en arts plastiques soit inventé par Ben Vautier qui lui s’inscrivait plutôt dans Fluxus. On est au début des années 80.
Bien qu’on ne soit pas du tout, d’un point de vue esthétique, dans le même registre que Fluxus, il y a des liens à faire avec ce mouvement. C’est une tendance qui se veut à ses débuts comme Fluxus, anarchiste, contestataire et est dans la lignée de Fluxus quant à l’idée qu’il n’y a pas différence entre la vie et l’art.
Comme le remarque Catherine Millet, il y a chez ces artistes un « refus de la tradition culturelle » et un « mythe du retour aux valeurs naturelles et instinctives, exaltation du paganisme ».
Cette tendance s’inscrit après tous les mouvements très conceptuels tels que Support Surface, Arte Povera ou encore le Landart.
Venant après ces mouvements, La Figuration Libre propose la spontanéité, avec des images qui sont influencé par les BD et surtout la télévision. On a pu voir cette tendance spontanée, voir primitive chez artistes du mouvement C.O.B.R.A. juste après la deuxième guerre mondiale.
La figuration libre se démarque de C.O.B.R.A. surtout par l’absence de la gestualité, héritée de l’expressionnisme lyrique.
On peut aussi faire des références au Pop Art, sauf qu’on ne retrouve dans le Pop Art pas cette tendance de spontanéité.
Les surfaces de la figuration libre sont toujours très colorées, saturées au maximum.
La figuration libre regroupe essentiellement trois artistes : François Boisrond, Hervé Di Rosa et Robert Combas. Avec éventuellement deux autres, mais d’une moindre importance : Remi Blanchard et Richard Di Rosa. De moindre importance, car beaucoup moins productifs.
Pas mal de commentateurs font le lien avec le mouvement Bad Painting aux Etats-Unis.
Bad-Painting est un groupe constitué essentiellement de Jean Michel Basquiat et Julian Schnabel. Là encore, chez ces deux artistes on trouve le coté « painterly » cher aux abstractionnistes abstraits Américains, mais qui est tout à fait absent chez les artistes de la figuration libre.
François Boisrond.
Hervé Di Rosa installation "Viva Di Rosa" au Musée de l'Art Moderne de la Ville de Paris en automne 1988
Robert Combas, dans un interview dans Flash Art automne 1983:
"Tout le monde me disait que tout avait déjà été fait. Or, j'ai toujours voulu faire quelque chose de nouveau. Pendant 10 ans l'enseignement des Beaux Arts m'a bloqué, au point que les seuls trucs intéressants et "libres" étaient les graffitis que je faisais en cachette sur le tables ou des coins de cahiers, choses qui m'étaient interdites sur les cahiers de recherches. J'avais trouvé la solution de ma liberté: faire à l'encontre de ce qu'on me disait.
Déjà, dès mon plus jeune âge, je dessinais instinctivement des images influencé par la B.D. et la télévision que je regardais et dont j'aimais la notion de flash. Alors je suis parti de mon propre passé avec les thèmes les plus classiques. J'aimais également les étiquettes et les cageots d'oranges: de même je suis tombé sur un livre de publicité africaine et j'ai trouvé qu'ils avaient un feeling proche du mien, peignant dans un style direct, sans technique et pourtant comme des professionnels. Tout cela me faisait flasher."



