Denis Robert expose Clearstream
Vidéo envoyée par rue89
http://www.rue89.com/secret/2008/10/10/vernissage-des-listings-de-clearstream-avec-denis-robert
« Alors, ça y est ? T’as été mis en examen ? » C’est comme ça qu’on vous parle à la galerie W.
Dans l’ordinateur de l’entrée, on inscrit ses coordonnées. Puis
s’affiche un message : « Bravo, vous avez été mis en examen ! » Puis la
photo de Denis Robert.
Oui, on parle bien du Denis Robert, journaliste, celui qui avait promis de ne plus jamais parler de Clearstream
(la société de compensation qu’il a accusée d’avoir dissimulé des
opérations illégales, ce qui lui a valu de longs bras de fer
judiciaires).
Des petits fours, des femmes en robe bustier et des gens avec des accents
Denis Robert ne parle plus de Clearstream, mais il expose des toiles
inspirées de listings. On a reçu une invitation sous la forme d’une «
ordonnance de placement sous contrôle judiciaire » (« une idée de la
galerie »), des « œuvres de Denis Robert » pour un vrai vernissage,
avec des petits fours, des femmes en robe bustier et des gens avec des
accents.
« La liste des parties civiles, c’est au fond à droite », dit
quelqu’un. C’est aussi le nom du tableau d’1m70 sur 2m10 sur lesquels
des noms sont écrits entre des lignes de listing. « Les Parties
civiles » coûtent 10 000 euros. Aujourd’hui, Denis Robert vit mieux de
ses peintures que de ses livres. (Est-ce que cela nous renseigne sur
ses talents, ou sur les marchés de l’art et de l’édition ?)
Sur un tableau, un grand graphique montrant des relations entre des
banques et des acteurs du marché, parfois des noms qui n’ont rien à
voir. « C’est quatre heures de jus de crâne ».
Sur d’autres, il se raconte entre des lignes de listings. Il parle
de sa voisine qui fait la vaisselle dans son grand T-shirt mauve. S’il
était son mari, il soulèverait son T-shirt. « Je traîne, je bois de
bières, je regarde le foot à la télé. »
Journaliste d’investigation ou artiste mégalo victimaire ?
Entre deux lignes de listing, sa petite écriture manuscrite pose la
question : « Comment j’ai fait pour me retrouver là sur ce mur ? » On
se demandait aussi.
Journaliste d’investigation ou artiste mégalo victimaire, c’est
d’ailleurs toute l’ambiguïté de Denis Robert. On ne sait plus bien ce
qui importe, lui ou ses dossiers.
Pour les fans, c’est la même chose. « Pour les novices, ça a une
certaine esthétique, ils n’en comprennent pas la portée, ils ne voient
pas le double fond », explique un membre de son comité de soutien qui
ne préfère pas donner son nom.
Coup d’œil sur les tableaux. « Là on est au cœur de la finance
mondiale. » Il demande si on a les DVD. « On peut les trouver sur le
site de son comité de soutien. »
Denis Robert se décline sur tous les supports. Dès l’entrée, à
gauche une vidéo d’une chanson de « Denis Robert et les Luxembourgeois
». A droite, une grande photo de Denis Robert à côté de laquelle pose
le vrai Denis Robert, en train de manger un petit gâteau (un financier pardi !).
A des amis, il parle de son prochain procès (le 16 octobre), de
Clearstream. Mince, il a dit le nom dont il ne devait plus parler. Il
se reprend. « J’avais dit que je ne prononcerai plus ce nom-là, mais
c’est parce qu’on en parle. »
► Denis Robert. exposition à la galerie W - 44, rue Lepic - Paris XVIIIe - jJusqu'au 30 octobre - tlj. de 10h30 à 20 h -plan