Valérie Pecresse diminue le nombre de bourses de recherche et les personnels BIATOS
Blog Sylvestre Huet, journaliste à Libération, 23 septembre 2008
La recherche publique est priorité nationale, mais elle doit quand même diminuer ses effectifs. Et ce sont les bourses doctorales, post-doctorales et les emplois d'entretien des universités qui vont en faire les frais.
C'est la première information précise et fiable sur le budget 2009 de la recherche et de l'enseignement supérieur. Dévoilée par Valérie Pecresse lors d'une rencontre avec les syndicats, elle montre tout l'embarras dans lequel la logique implacable du "yatropdefonctionnaires" plonge le ministère.
C'est le 18 septembre, dans le cadre d'une série de consultations sur le "chantier personnels" lancé par Valérie Pécresse que cette dernière a clarifié en quoi consisterait la supression de 900 postes pour l'enseignement supérieur et la recherche annoncée depuis plusiseurs semaines. La moitié de ces postes, répartis à parité entre organismes de recherche et universités sont des emplois de titulaires. L'astuce consiste à laisser les établissement "choisir" les postes supprimés, le ministère leur suggérant de concentrer les suppressions sur les emplois de catégorie C, ouvriers et employés (gardiennage, entretien des locaux, etc) afin d'éviter de toucher aux emplois scientifiques. Il n'est pas certain que cela améliore les conditions de vie et de travail dans les universités françaises... si j'en crois quelques expériences personnelles récentes relatives à des lieux qu'il est malséant de citer, comme les toilettes d'universités prestigieuses...
Comme cela ne fait pas le compte, la ministre a aussi décidé de supprimer 225 allocations de recherche (bourses de thèses à et 225 post-docs. Avec un double argument : il y a des allocations non utilisées, et l'Agence nationale de la recherche finance de plus en plus de post-docs. Arguments un peu spécieux. Qu'il y ait 4% de bourses non utilisées provient de ratés dans le système, mais il y a des centaines de thèses, et donc de recherches, qui pourraient être réalisées et qui ne le sont pas uniquement parce que les étudiants ne sont pas financés. Le résultat probable de cette décision sera une nouvelle rétraction du nombre de thèses passées, alors que son évolution à la baisse est préoccupante. En tous cas, les syndicats ont vigoureusement protesté contre ces décisions (lire en fin de note les communiqués).
Hier, le Conseil Régional d'île de France sautait sur l'occasion de se faire un coup de pub en annonçant qu'il allait financer 44 nouvelles allocations de thèse ainsi que 33 nouvelles allocations de post-doctorat. Et de s'empresser de souligner que leur montant (1400 euros net, soit 2700 euros avec les charges) est supérieur à celui des bourses du gouvernement.